Contester une décision d'AG : procédure et chances de succès

Comment contester une décision d'assemblée générale de copropriété : qui peut agir, dans quel délai, devant quel tribunal, avec quels moyens.

Publié le 22/03/2026 · 9 min de lecture · Procédure judiciaire

Une résolution adoptée vous semble illégale, irrégulière ou abusive ? Vous disposez de deux mois pour saisir le tribunal. Voici la procédure, les moyens recevables et les chances réelles de succès — chiffres à l'appui.

Qui peut contester ?

Seules deux catégories de copropriétaires ont qualité pour agir (article 42 al. 2 de la loi 1965) :

Les copropriétaires qui ont voté POUR ou se sont ABSTENUS sont irrecevables. Le PV doit obligatoirement nommer opposants et défaillants pour chaque résolution adoptée — c'est ce qui permet d'identifier qui peut agir.

Le délai de 2 mois

Le délai court à compter de la notification effective du PV au copropriétaire concerné (date de réception, pas date d'envoi). Le mode de notification doit être valable : LRAR, remise contre récépissé, ou notification électronique acceptée expressément.

⚠️ Délai de forclusion absolu : passé 2 mois, plus aucune contestation n'est possible, peu importe la gravité du grief. Aucune prorogation, aucun recours en grâce.

Exception : si le PV ne contient pas la mention de l'article 42 al. 2, ou si la notification est viciée, le délai ne court pas et le copropriétaire peut contester plus tard, parfois plusieurs années après.

Devant quel tribunal ?

Depuis la réforme de 2020, c'est le tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble (juridiction unique). Représentation par avocat obligatoire en première instance pour les litiges de copropriété.

L'assignation est délivrée au syndicat des copropriétaires, représenté par son syndic.

Les moyens recevables

Vices de forme (procédure)

Vices de fond (légalité)

Abus de majorité

Plus difficile à prouver. Il faut démontrer que la majorité a pris une décision contraire à l'intérêt collectif et dans le seul but de nuire à la minorité. La jurisprudence est restrictive.

Statistiques de succès

D'après les études récentes (CSAB, 2023) :

Les actions sur vices de forme (convocation, annexes) ont un taux de succès élevé (50-60 %). Les actions sur abus de majorité sont rejetées dans 80 % des cas.

Coûts et risques

Stratégie : la mise en demeure préalable

Avant d'engager une action judiciaire, envoyer une LRAR au syndic motivée détaillant les griefs. Trois bénéfices :

Cas pratiques fréquents

Conclusion

Contester une décision d'AG est possible mais coûteux. Avant de se lancer, mesurer froidement : le grief justifie-t-il 12 à 24 mois de procédure et 3 000 à 5 000 € de frais ? Souvent, une AG rectificative négociée est plus efficace.

Plutôt que d'apprendre, automatisez.

PVCopro intègre toutes ces règles. Saisissez les données, téléchargez un PV conforme en 5 min.

Générer mon PV →

Autres guides à lire